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Conseils d’une apprentie aventurière en Colombie : Le Trek jusqu’à CIUDAD PERDIDA


En Colombie, dans la Sierra Nevada de Santa Marta à un peu plus de 1000 m d'altitude, 85% d'humidité, et à 50km de marche se trouve un trésor archéologique plus ancien et plus isolé que le Machu Picchu. Il s'agit du lieu sacré des 4 communautés de la Sierra (Wiwa, Kogi, Arhuaco, Kankuamo), descendantes du peuple Tayrona. Pour les amoureux de la nature et les aventuriers en quête de défis et de dépaysement ce parcours est pour vous !


Le 21 août 2019, débutait mon trek de 4 jours avec l'agence Wiwatour, 1ere agence indigène dans la région (Il est interdit de faire seul le périple, il faut obligatoirement passer par une agence pour pouvoir accéder au site). Je précise que je n’avais jamais fait de trek. J’avais atterri à Carthagène des Indes 2 jours plus tôt avec juste un sac à dos, c’était pour moi une première fois dans la région de Santa Marta (à 4h de bus de Carthagène), mais aussi une première fois en Colombie et en Amérique Latine !


Étant plutôt sportive et en plein travail universitaire sur les communautés indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta pour la réalisation d’un mémoire, je me suis lancée sur les chemins tantôt boueux, sableux, de terre parfois rouge ou blanche, pour atteindre la « cité perdue ».


Mes conseils :

1) Se documenter sur l’histoire de la Sierra Nevada et de ses habitants

S’il apparait logique de s’informer sur le lieu visité et sa population avant un périple de 4 jours, peu de gens font la démarche, peut-être par manque de temps, surement parce que le trek (tourisme d’aventure) est avant tout un défi personnel, et l’on pense bien souvent que l’on apprendra tout une fois sur place.

Etant donné que le trek jusqu’à Ciudad Perdida implique une immersion assez courte et intense dans une zone tropicale préservée, territoire de peuples autochtones aux coutumes ancestrales, région longtemps enclavée de par sa géographie et son difficile accès d’une part, puis en raison de la présence de groupes armés, il est intéressant de savoir où l’on met les pieds et de connaître quelques coutumes des peuples que l’on sera amené à croiser, cela peut favoriser l’échange. Le touriste qui arrive documenté est davantage en quête d’échanges spontanés que de démonstrations et de théâtralisation de la part des locaux car il s’est déjà défait de certains clichés.


Localisation de la Cité Perdue :



2) Voyager léger (il est possible de laisser le reste de ses valises/affaires au sein de l’agence) :

-sac à dos solide, (prévoir une protection : housse imperméable ou grand sac poubelle en cas de pluie)

-chaussures de randonnée légères

-maillot de bain (pour les traversées du fleuve et les baignades au bord de l’eau, dans les cascades)

-claquettes résistantes à l’eau

-quelques tee shirts et shorts pour la journée

-tee shirts manches longues et pantalon pour la nuit

-serviette de plage (séchage rapide)

-nécessaire de toilette

-répulsif anti moustiques

-trousse premiers secours

-crème solaire

-chaussettes/sous-vêtements confortables

-argent liquide pour eau et/ou souvenirs

-lampe torche de poche

-sachets plastiques pour linge humide/linge sec/déchets…


Les sacs à dos et les vivres bien calés sur le toit, la jeep de l’agence Wiwa Tour emmène le groupe depuis le centre de Santa Marta jusqu’à Machete Pelao, à l’entrée de la Sierra Nevada. Tago le chauffeur maîtrise parfaitement la conduite sur les chemins accidentés et dans les pentes abruptes. L’aventure commence déjà !


3) Ecouter son corps, éprouver son mental et ne laisser aucune trace de son passage

Si le trek jusqu’à Ciudad Perdida est accessible à tous, une préparation physique ou une pratique sportive régulière sont indispensables afin de vivre pleinement l’aventure et d’apprécier ces 4 jours dans un environnement exceptionnel.

Dans tous les cas et pour tous les niveaux, l’essentiel est toujours d’avancer à son rythme, de s’hydrater régulièrement ; la chaleur et le taux d’humidité étant élevés, le corps perd beaucoup d’eau. Sans oublier de se féliciter intérieurement à chaque étape franchie !

Pour ce qui est du respect de l’environnement, aucun déchet ne doit atterrir ailleurs que dans une poubelle du campement ou dans un sachet plastique que vous transporterez avec vous. L’idée est de ne laisser aucune trace de son passage, si ce n’est des échanges et des sourires avec les guides qui aiment partager et découvrir le monde à travers les rencontres qu’ils font avec les voyageurs.


Chacun à son rythme, le groupe avance dans la Sierra, la beauté du paysage fait rapidement oublier les difficultés rencontrées dans l’enchainement sans fin des descentes et des montées.

Sur les campements, lits et hamacs sont tous équipés de moustiquaires. Chaque jour nos deux cuisiniers nous suivaient, en moto ou à pied, les produits à cuisiner étaient transportés à dos d’ânes. Les repas (cuisine locale) étaient savoureux, copieux, bien présentés.


4) Se laisser porter

C’est un conseil que j’ai appliqué, tout dépend de l’état d’esprit et de la personnalité de chacun mais je crois que la route jusqu’à Ciudad Perdida est l’occasion rêvée pour se laisser aller, cesser de vouloir tout savoir et tout contrôler. Le trek étant organisé, le groupe étant guidé et les campements prêts chaque soir, vous pouvez vous déconnecter, vous laisser surprendre, ne pas chercher à savoir où sera la difficulté, combien de fois on va devoir traverser le fleuve, si ce sera davantage de descentes ou de montées, à quelle heure on sera arrivés… Je crois qu’en ne cherchant pas à savoir, on utilise son énergie pour avancer, apprécier, se concentrer sur l’instant présent, et surmonter les difficultés, elles sont toujours là où on ne les attend pas.




Le papillon Diaethria phlogea, aussi appelé « papillon 8998 »





« Chenille-chat » retrouvée sur mon sac à dos un matin, larve de Megalopyge opercularis. Son duvet qui la fait ressembler à un petit animal à fourrure, cache des épines venimeuses capables de causer des réactions extrêmement sévères et douloureuses… Mieux vaut passer son chemin.




5) Au cœur du monde, admirer !

L’expérience est unique, tant sur le parcours qu’une fois arrivé sur le site de Teyuna, c’est un privilège de découvrir cela, vous êtes dans ce qu’on appelle le cœur du monde, vous êtes au cœur d’un territoire dont l’histoire est complexe, empreinte d’amour pour la nature et les êtres vivants, empreinte de violence et de lutte pacifique. Chacun des peuples ici, indigènes, paysans, métis, déplacés… a le cœur lourd de ce passé, de cet amour pour son territoire, pour cette nature. Chacun porte en lui une histoire différente, et vous aussi, mais tous on le regard tourné vers l’avenir, et peut-être que le vôtre changera après cela…


Le site archéologique de Teyuna- Ciudad Perdida


Découverte des traditions wiwas avec José, apprenti-guide dans la Sierra










Remise de bracelets confectionnés par les femmes de la communauté











Traversée du fleuve Buritaca, attention au courant !




Retour dans la vallée, en bas de la Sierra vivent les communautés paysannes, l’occasion de partager quelques sourires avant de repartir.








Arrivée en bas de la Sierra (territoire campesino), à Machete Pelao, après 48 km de marche et une aventure inoubliable !









Je ne vous en dis pas plus,

N’oubliez pas de voyager avec un sac à dos peu chargé,

Le cerveau prêt à se déconnecter

Tout en s’enrichissant de morceaux de vies du bout du monde.

Armez-vous de chaussures de randonnée, le cœur lourd ou léger

Juste prêt à palpiter au rythme du dénivelé de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Bon trek jusqu’à la Ciudad Perdida et partout ailleurs !


Expérience signée Caroline Lamy

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