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Journal de bord : l’Argentine en bus

De la ville de Buenos Aires à la côte atlantique, de retour à la capitale vers la « terre colorée » de Puerto Iguazu (triple frontière avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay), le bus est le moyen de transport le plus populaire en Argentine. En plus d’être économique (deux fois moins cher que l’avion), il devient ultra confortable avec l’option siège couchette. Alors, en route :« Chofer chofer apure ese motor…! »


De Buenos Aires à Pinamar : préludes avec Plusmar

Plusmar n’a rien à voir avec le plumard auquel vous pensez; c’est juste une compagnie de bus argentine, celle que nous avons prise pour nous rendre sur la côte balnéaire.

Les sièges « semi cama » (semi couchettes) sont agréables pour un trajet de 5h.


Seul bémol, nous avons eu du retard au départ et à l’arrivée, mais Plusmar est une compagnie généralement fiable vis à vis des horaires.

Prix aller/retour : 8000 pesos argentins (35€/personne).


L’avantage du bus est que vous n’avez pas à payer de supplément bagages, à la différence de l’avion. Pour nous qui voyageons avec un sac à dos, c’est pratique.

Bon plan💳💡: il est plus économique d’acheter son billet à la gare de bus que sur internet.

 

Après quelques jours de vacances sur la côte atlantique, on revient en bus en partant à 00h05 et arrivons dans la ville de Buenos Aires à 5h30. À cette heure de la nuit, il est préférable de ne pas trop trainer dans les rues, on prend un taxi jusqu’à l’appartement familial de mon chéri. Le chauffeur fait son signe de croix en passant devant la vierge marie d’un édifice, la présence du christianisme est forte en Argentine.

A la maison, on redort 2h30 histoire de charger les batteries pour tenir la journée, refaire le sac à dos, saluer la famille et quelques amis; avant de repartir pour la province de Misiones, où se trouvent les fameuses cascades d’Iguazu.


De Buenos Aires à Puerto Iguazu : Vamos avec Via Bariloche

Via Bariloche est la seconde compagnie argentine de bus avec laquelle nous voyageons; cette fois-ci, en direction de Puerto Iguazu.

Contrôle de billet et de passeport avant de monter dans le bus à la station de Liniers, à Buenos Aires.


Sachant que nous avons 18h de trajet, soit 1400 km, nous optons pour des sièges couchette dits « camas».

Spacieux, propre; de quoi se ravir de ne pas avoir choisi l’avion; beaucoup plus rapide mais deux fois plus cher. Pour se donner une idée, avec cette économie on s’offre 4 nuits d’hostal avec piscine et petits-déjeuners inclus. Le pieds !


19h45 : le bus sort à l’heure prévu.

« Cause covid, le service à bord est suspendu » nous renseigne un jeune homme au guichet de la station de bus. Adieu le plateau repas dont on m’avait fait l’éloge, et le café illimité. Le prix du billet n’a pour autant pas baisser hein…. « Hijos de put…. »comme on dit ici. Tant pis, ou tant mieux pour nous, car avant de voyager, on a prévu le coup pour tenir le coup. Au menu : délicieux « pebete » (sandwich à étages :jambon, beurre, fromage glissés dans un pain à la mie moelleuse), quelques empanadas, une poignée de fruits frais et secs. De quoi patienter jusqu’à l’arrivée car d’après les chauffeurs, aucun arrêt pipi de prévu : oh my god ! Et les jambes, je les dégourdi en faisant des battements sur mon siège😝?

Enfin, des arrêts nous en marquons, comme par exemple à la station de Retiro, la plus grande de Buenos Aires, mais juste le temps de charger d’autres voyageurs.


20h45. Nous naviguons toujours dans la périphérie de la ville de Buenos Aires, traversant des quartiers plus ou moins chanceux. Après quelques crochets par ci par là, nous passons enfin le péage.

Cette fois-ci, en avant !

En voyant un panneau qui indique la température extérieure, 21 degrés, de quoi donner envie d’y piquer une tête car à l’intérieur du bus, on commence à se geler les fesses avec la clim à fond. Point positif : notre repas est maintenu à température du frigo😅✌️mais il est bon de prévoir une couche de vêtements en plus pour ne pas finir en esquimau.


Autre point à prendre en compte : le bruit ambiant. La compagnie diffuse des films et les hauts parleurs se trouvent juste au dessus de chaque siège. Ce qui est cool car vous pouvez suivre l’histoire même si vous avez oublié vos écouteurs mais moins cool si vous avez l’ouïe sensible.

Bref.

 

Une première partie du voyage se passe en mangeant des empanadas avec un maté, devant Spiderman. C’est un peu bizarre d’écouter parler « l’homme araignée » parler en espagnol mais c’est comme tout on s’y fait. Et sinon, on s’occupe en regardant les étoiles, la nuit tombée. On commence à somnoler, allongés dans nos sièges couchettes. un ronflement vient de détonner, on dirait bien que ca dort.

De gauche à droite : maté avec empanadas; sandwich « pebete » et écrans télé de la compagnie Via Bariloche.

 

Le trajet nous fait longer un autre pays du Mercosur, l’Uruguay.

 

Quelques heures après : pause pipi pour vidanger le 1,5L de maté ! Les WC demeurent propres malgré la nécessité de jouer l’équilibriste pour viser juste. Dans la foulée, je me passe un coup sur le nez avec une lingette de bebe achetée dans un bazar chinois à Buenos Aires. Dans mon kit de voyage, j’ai aussi du gel hydroalcoolique et une réserve de masques même si on n’a pas besoin de le changer vu qu’on ne le porte quasiment pas pendant le trajet; et personne ne contrôle.

Vue panoramique depuis les sièges avant, situés à l’étage supérieur de l’autocar.

 

J’ouvre les yeux après un profond sommeil. Le jour se lève doucement, le paysage a changé. Des vaches sauvages broutent les pâtures, la terre est rouge, les arbres feuillus et les vendeurs d’ananas se font chaque fois plus nombreux.

Stand d’ananas vendus le long de la route qui mène à Puerto Iguazu.


La tranquillité de vivre se fait sentir.

 

« Chipas calentitos »! Au moment d’arriver à une nouvelle gare de bus, les vendeurs ambulants en profitent pour proposer leur spécialité locale; petit pain chaud à base de fécule de manioc. Sachant que nous ne pouvons descendre, c’est eux qui viennent à nous en se faufilant dans les allées du bus. Nous en achetons un sachet de 4 unités pour 300 pesos (1,25euros).

La pâte est un peu crue au milieu, et la texture légèrement chewgum mais ça attise la curiosité. On va avoir l’occasion d’en faire une cure puisque c’est la spécialité culinaire du nord-est de l’Argentine.


Entre Corrientes et Misiones

On nous avait prévenu qu’on verrait certainement les marques du grave incendie de la province de Corrientes. Certaines parties des terres sont toutes brûlées. Heureusement pas de nuage de cendre à l’horizon, ni de routes coupées où nous passons.

 

Il va être 8h, nous sommes pleinement dans la Province de Misiones, province de destination. L’Argentine est grande, rappelez-vous en si vous y venez; vous pouvez faire 6h de route sans changer de Province (région). Il doit nous rester comme 6h avant d’arriver à Puerto Iguazu.


Sensation de liberté dans nos sièges couchettes qui nous permettent de profiter pleinement du voyage

Misiones : la terre colorée & terre du maté

Plusieurs pancartes publicitaires de marques de maté, comme celle de Rosamonte, bornent la route.


Posadas: la capitale de Misiones

Arrêt à la gare de Posadas pour laisser et prendre de nouveaux voyageurs. Les vendeurs de chipas sont fidèles au poste, certains montent avec nous pour maximiser leur vente du jour; ils redescendent quelques km plus loin, au prochain croisement.

Les paysages sont de plus en vert jungle. Les rios (rivières) couleurs rouge marron; les lianes tombent en guirlandent et les cabañas fleurissent le long de la route telles que les palmiers et orchidées.


Ce n'est plus l’heure de dormir mais celle d’ouvrir bien les yeux pour en avoir plein la vue.

De l’image verdoyante qu’on se fait généralement du Brésil, on s’y croirait. Rien de plus normal vous me direz, puisqu’on s’y rapproche chaque km un peu plus.


La lenteur du bus permet de prendre son temps pour regarder, observer, se surprendre. Ci-contre, un vieux bus à la station d’El Dorado.


Après plus de 18h de voyage, nous arrivons à Puerto Iguazu (Argentine, Misiones). Il est 14h15. Un bon étirement du corps, des jambes et du cou, et nous voilà frais comme des gardons, prêts à découvrir ce nouvel endroit; ses chutes d’Iguazu, son village, ses communautés aborigènes et ses environs rustiques et authentiques.

Bien arrivés à la gare de Puerto Iguazu (Misiones) après 18h de bus. C’est le choc thermique, dehors il fait 38 degrés.


Conclusion : ce grand voyage en bus pendant 18h s’est passé beaucoup plus vite et confortablement qu´on l’imaginait.

Alors n’hésiter plus (si vous avez le temps), sauter dans un bus et laissez-vous porter par la tranquillité du voyage.

« Oser le bus, viver en bus » Sergio et Claire😎😜


La suite prochainement ; nous partons bientôt en bus pour le Brésil !

Photo avant et après 18h de route.

 

Bonus ✌️😉

Pour les dubitatifs, voici le message reçu d’un couple français, rencontré aux Chuttes d’Iguazu😉🧉✌️


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